Find an other one…
Long chemin à faire. Temps à perdre.
Les illusions s’envolent.
En regardant les vieilles photos de l’année dernière, je suis tombée sur celle-ci…
Je m’étonne de ne pas l’avoir remarquée avant !
Minette, minette,
Attraperas-tu le ciel ? T’envoleras-tu, ma belle ?
Blanc.
Il était deux heures de l’après-midi. Centre ville. Le banc était froid sous moi, barres de métal glacées, appuyées sous mes cuisses, lançant des décharges dans mes membres. Le vent qui soufflait du Nord balayait la place de jeux, caressant l’herbe givrée, faisant grincer les branches nues des arbres. Frissonnant, je remontais le col de mon manteau noir sur mon cou, rentrant les épaules pour me cacher dans mon épaisse écharpe de laine bleue roi. La brise semblait s’infiltrer sous mes vêtements, léchant ma peau frigorifiée.
Pourquoi attendais-je, déjà ?
Mon nez était glacé, tout comme mes oreilles, malgré l’abri de mes longs cheveux auburn… Mes bottes d’hiver étaient transpercées par les rafales de vent, me picotant les doigts de pieds. Mes yeux me brûlaient sous la morsure glacée de l’hiver. Le parc était vide ; les enfants devaient être à l’école et leurs parents au travail, laissant les chômeurs bien à l’abri dans leur demeure.
Pourquoi attendre ici, alors ?
Un chien passa en trottant sur le chemin de terre glacée, bien abrité sous sa fourrure, lançant au ciel de petits nuages de vapeur, la langue pendante. Son maître le suivait, les mains bien enfoncées dans ses poches, le visage caché dans son col de laine, marchant d’un pas rapide, de longues enjambées puissantes. Le grincement des cailloux sous ses chaussures me glaça le sang. Je le suivais des yeux jusqu’à ce qu’il passe derrière un taillis de branches mortes, suivant le sentier pour continuer sa balade hivernale. Un chien noir et un trench gris… L’homme avait disparut dans le froid de décembre.
Qui attendais-je, aussi ?
Une note s’éleva dans l’air frigorifié. Une corde de guitare pincée… Suivirent des accords. Un jeune homme assis sur un banc à l’autre bout de la place égrainait une mélodie sur son instrument usé par le temps. Mes doigts étaient glacés dans mes gants. Le jeune courageux qui avait fini son morceau en recommença un autre après avoir enfoncé un bonnet noir sur ses oreilles. Il devait espérer recevoir quelques pièces des personnes qui allaient bientôt sortir de leurs bureaux…
Et qu’espérais-je, moi ?
Un souffle encore plus froid que les autres balaya le parc désert. Rien. Je n’espérais rien, de personne. Je me levai alors, malgré les protestations de mes muscles ankylosés, quittant à mon tour les jardins, laissant le banc seul, sans voir l’enveloppe blanche qui s’envolait.
Les mots d’amour sont volatils, éphémères.
L’espoir meurt.
Le vent est froid.
Si je pouvais vivre sans coeur… je le laisserai là-bas.
(MAJ à faire, le tri des photo n’est pas encore fini…)
Avis des Lecteurs